Charge rapide sur smartphone : comment ça marche vraiment
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Un chargeur qui affiche « 65 W » sur son boîtier ne garantit cette vitesse que si le câble et le téléphone branchés dessus suivent aussi. La charge rapide dépend de trois éléments qui doivent être compatibles entre eux : le chargeur, le câble et l'appareil. Comprendre comment ça marche évite d'acheter un accessoire inutilement puissant, ou pire, un modèle trop faible pour ce qu'on croyait avoir payé.
La formule derrière la vitesse de charge
La puissance d'un chargeur se calcule simplement : ampères multipliés par volts donnent des watts. Un chargeur qui indique 5 V et 3 A délivre donc 15 W, contre 5 W pour un chargeur d'entrée de gamme resté au standard le plus ancien. Plus le nombre de watts est élevé, plus la batterie récupère d'énergie par minute, à condition que le téléphone accepte cette puissance : un chargeur de 65 W ne rechargera pas plus vite un appareil limité à 18 W.
Chaque marque a sa propre norme
Apple s'appuie sur USB Power Delivery (USB PD) pour ses iPhones récents, une norme ouverte qu'on retrouve aussi sur beaucoup d'ordinateurs portables. Samsung a développé Adaptive Fast Charging, puis Super Fast Charging sur ses modèles haut de gamme. Qualcomm, de son côté, propose Quick Charge, intégré par de nombreux fabricants Android qui utilisent ses processeurs. OnePlus va plus loin avec sa technologie Warp Charge, capable de faire passer une batterie de 1 à 60 % en une quinzaine de minutes sur certains modèles.
Ces normes ne sont pas toujours compatibles entre elles. Un chargeur Quick Charge branché sur un iPhone se contentera souvent d'une charge standard, faute de dialogue technique commun entre les deux protocoles. Vérifier la norme prise en charge par son téléphone avant d'acheter un chargeur évite ce genre de déception.
Pourquoi la vitesse ralentit en fin de charge
La charge rapide fonctionne surtout sur les 50 premiers pour cent de la batterie. Le courant est alors envoyé à pleine puissance, puis le contrôleur de charge le réduit progressivement à mesure que la batterie se remplit. Cette baisse volontaire protège les cellules internes : charger trop vite une batterie presque pleine génère de la chaleur, qui accélère son vieillissement. C'est pour cette raison qu'une charge annoncée en une demi-heure jusqu'à 100 % prend en réalité surtout dix minutes pour les 50 premiers pour cent, puis beaucoup plus longtemps pour les derniers.
Le prix technique de la vitesse
Une batterie conçue pour encaisser une charge rapide a besoin d'un séparateur interne plus épais entre ses électrodes, pour limiter les risques de surchauffe. Cela réduit légèrement la capacité totale que la batterie peut stocker à taille égale. Certains smartphones optimisés pour la charge très rapide sont aussi un peu plus épais, le temps que les composants de gestion thermique trouvent leur place. Ce choix technique explique pourquoi tous les fabricants ne poussent pas la puissance au maximum : certains préfèrent une batterie plus grande à une charge plus rapide.
Ce que change le nitrure de gallium
Les chargeurs récents utilisent de plus en plus le nitrure de gallium (GaN) à la place du silicium classique. Ce matériau chauffe moins à puissance égale, ce qui permet de fabriquer des blocs plus compacts sans sacrifier la puissance délivrée. Un chargeur GaN de 65 W tient aujourd'hui dans un boîtier à peine plus grand qu'un chargeur classique de 20 W, un argument à surveiller si l'on voyage souvent avec plusieurs appareils à recharger.
Retenir la puissance maximale acceptée par son téléphone, choisir un câble certifié pour cette puissance et ne pas s'attendre à ce que les derniers pour cent se remplissent aussi vite que les premiers : ces trois repères suffisent pour tirer le meilleur d'un chargeur rapide sans mettre sa batterie à rude épreuve.
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