--- title: "Extensions de domaine : comment l'ICANN autorise .paris ou .app" url: https://www.dico-micro.com/internet-noms-domaine-infini-toutes-les-langues/ author: "Dico Micro" date_published: 2023-07-01T16:36:38+00:00 date_modified: 2026-09-26T16:32:35+00:00 categories: ["Actus high-tech"] image: https://www.dico-micro.com/wp-content/uploads/2026/09/internet-noms-domaine-infini-toutes-les-langues.jpg description: "Depuis 2012, une entreprise peut demander sa propre extension internet comme .paris, moyennant un dossier à 185 000 dollars." site: "Dico Micro" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Extensions de domaine : comment l'ICANN autorise .paris ou .app > Depuis 2012, une entreprise peut demander sa propre extension internet comme .paris, moyennant un dossier à 185 000 dollars. Depuis 2012, une entreprise ou une association peut demander sa propre extension de domaine, comme .paris ou .banque, au lieu de se contenter d'un .com ou d'un .fr. Ce nouveau programme de l'[Internet Corporation for Assigned Names and Numbers](http://www.icann.org/), l'organisme qui régule les noms de domaine dans le monde entier, a mis fin au petit club fermé des .com, .net, .org et des extensions de pays. Le principe paraît simple : n'importe qui peut proposer un nouveau mot comme extension. Dans les faits, très peu d'acteurs ont les moyens de le faire, et la confusion reste fréquente entre créer une extension et simplement enregistrer un nom de domaine dessous. ## Un programme ouvert à tous, en théorie L'ICANN a ouvert son New gTLD Program en 2012 pour sortir de la vingtaine d'extensions génériques qui existaient jusque là. Des centaines de nouvelles extensions ont vu le jour depuis : .app, .shop, .blog, .google, .paris, .bzh pour la Bretagne, ou encore .vin pour le secteur viticole. Chaque extension est gérée par un registre, une organisation qui s'engage à faire tourner l'infrastructure technique correspondante pendant des années. **185 000 dollars, le prix d'entrée** Déposer un dossier de candidature pour une nouvelle extension coûte environ 185 000 dollars à l'ICANN, sans compter les frais juridiques et techniques qui viennent s'y ajouter. Ce montant sert à financer l'instruction du dossier et les vérifications de sécurité du futur registre. ## Un tarif qui écarte d'emblée les particuliers En 2008, avant même le lancement du programme, la presse évoquait déjà un tarif à six chiffres pour ce projet. L'Afnic, l'organisme qui gère le .fr, avait prévenu à l'époque qu'il faudrait montrer patte blanche en matière de compétences techniques et de solidité financière. Le chiffre exact, autour de 100 000 dollars, avait alors été confirmé par le président de l'ICANN sur le site [mailclub.info](http://mailclub.info/article.php3?id_article=807). Le montant définitif, fixé quelques années plus tard au lancement réel du programme, a fini par grimper à 185 000 dollars. Ce tarif écarte de fait la quasi-totalité des particuliers et des petites entreprises. Il vise surtout de grandes marques qui veulent sécuriser leur nom, des collectivités qui veulent une extension géographique, ou des organisations sectorielles qui structurent tout un secteur d'activité autour d'un mot commun. ## Les critères que l'ICANN impose aux candidats 1. L'extension demandée ne doit pas reproduire une marque déposée par un tiers. 2. Elle ne doit pas créer de confusion avec une extension déjà attribuée. 3. Elle ne doit pas usurper le nom d'une communauté ou d'un groupe sans son accord. 4. Elle ne doit pas porter atteinte à l'ordre public ou aux bonnes mœurs. 5. Le candidat doit prouver sa capacité technique et financière à faire fonctionner un registre pendant des années, y compris en cas de faillite de sa société. Ces règles expliquent pourquoi deux entreprises qui portent le même nom, dans deux pays différents, se retrouvent parfois en concurrence directe pour la même extension, avec un processus d'enchères ou de médiation à la clé. ## Des extensions dans toutes les écritures du monde Le programme ne se limite pas à l'alphabet latin. Des extensions existent aussi en caractères chinois, arabes, cyrilliques ou en hangeul coréen, ce qui permet à un internaute de taper une adresse entièrement dans sa propre langue, sans passer par une translittération. C'est un changement réel pour les pays où l'alphabet latin n'est pas la norme, bien plus qu'un simple gadget marketing pour les marques occidentales. **Le domaine, un terme plus large qu'on ne le croit** Le mot domaine désigne à la fois l'extension elle-même (.fr, .com) et l'adresse complète qu'un internaute enregistre dessous, comme exemple.fr. Les deux usages coexistent, et c'est souvent la source de la confusion entre créer une extension et simplement réserver un nom de domaine. ## Et pour une entreprise qui veut juste un nom de domaine ? La grande majorité des professionnels n'a jamais besoin de passer par ce programme. Réserver un nom sous une extension existante, .fr, .com ou .paris désormais, coûte entre quelques euros et une trentaine d'euros par an chez un bureau d'enregistrement classique, sans dossier ni délai d'instruction. Le choix se joue plutôt sur la pertinence du mot lui-même, la longueur de l'adresse et sa mémorisation, des critères détaillés dans notre guide pour [choisir un nom de domaine](https://www.dico-micro.com/comment-choisir-un-nom-de-domaine-optimise/) adapté à son activité. **Des fenêtres de candidature, pas un guichet permanent** L'ICANN n'accepte pas de nouvelles demandes d'extension en continu. Le programme fonctionne par rounds, ouverts pendant plusieurs mois puis refermés le temps d'instruire les dossiers déposés, avant qu'une nouvelle fenêtre ne s'ouvre des années plus tard. Une seule phrase résume tout cela : posséder une extension et posséder un nom de domaine sont deux projets à des échelles totalement différentes, l'un réservé aux organisations qui peuvent investir plusieurs centaines de milliers d'euros sur le long terme, l'autre accessible à quiconque a une idée de site et le prix d'un abonnement annuel. --- ## À propos de l'auteur **Dico Micro** — La rédaction de Dico Micro : matériel, logiciels et culture geek, expliqués sans jargon.