Contribuer à l’open source : un voyage autour du monde

José Antonio Rey, membre depuis plusieurs années de la communauté Ubuntu, témoigne de la richesse des échanges dans les communautés open source. Des communautés réunissant des gens que tout pourrait séparer : langue, culture, distance mais qui au contraire se rejoignent autour d’un but commun.

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Faire tomber les barrières de la langue et de la distance dans les projets open source

Article original : Open source took me around the world

Par José Antonio Rey

Traduction : Framasky, goofy, audionuma, Brice, AFS

mugshotLes communautés open source ont été parmi les premières à utiliser Internet pour s’affranchir de la distance physique entre les personnes. Internet est un outil incroyable, puisqu’il nous permet de collaborer où que l’on soit. Peu importe que vous déjeuniez au pied de la tour Eiffel ou que vous vous réveilliez sous le soleil de San Francisco, Internet a permis de connecter les personnes de manière plus étroite.

J’habite au Pérou, et j’y ai toujours vécu. J’étudie au Pérou, et Internet m’a permis de découvrir des informations précieuses pour mes projets et ma vie en général. Néanmoins, lorsque j’ai rejoint la communauté Linux, ma vie a radicalement changé.

Une nuit, j’avais des problèmes avec mon écran qui ne fonctionnait pas correctement. Je me suis donc connecté à un canal IRC, et quelqu’un en Espagne m’a aidé à résoudre le problème. Ensuite, j’ai pris une décision que je n’ai jamais regrettée : je me suis connecté pour répondre à des questions posées par d’autres utilisateurs de Linux. Je l’ai fait un temps, me concentrant sur les communautés Ubuntu, et on m’a finalement demandé de rédiger un tutoriel pour la communauté. Je n’y connais pas grand chose, ai-je alors pensé, mais j’ai décidé de le faire quand même. J’ai présenté des trucs et astuces concernant l’utilisation du navigateur Firefox. Ma présentation s’est bien déroulée, même si j’étais plutôt nerveux. Cela m’a amené à rencontrer des gens de la communauté, et deux mois plus tard, je m’envolais vers San Francisco pour mon premier sommet des développeurs Ubuntu. Ce fut le premier de mes nombreux voyages.

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Rejoindre une communauté Linux m’a permis d’améliorer bon nombre de mes compétences, en anglais par exemple. Ma langue maternelle est l’espagnol, le début de l’apprentissage a donc été difficile. La moitié de mes journées était en espagnol, l’autre en anglais. Tous mes logiciels fonctionnaient en anglais, et j’ai commencé à trouver bizarre de lire des traductions en espagnol. Améliorer mon anglais m’a aussi permis de me sentir un peu plus à l’aise lors de conversations avec d’autres personnes. Je commençais à m’impliquer de plus en plus, et j’ai donc fait la connaissance d’un grand nombre de personnes, des États-Unis, d’Australie, d’Inde, du Royaume-Uni, de Colombie, d’Argentine, d’Uruguay et d’autres pays. Le nombre de personnes que j’ai rencontrées est incroyable, et ne cesse d’augmenter. Bien sûr, le décalage horaire est une vraie plaie quand on travaille avec des gens tout autour du monde, mais c’est largement compensé par les avantages liés au fait de connaître ces gens et de travailler avec eux.

Ce passe-temps me permet de travailler sur de beaux projets qui m’intéressent. Et si j’ai un problème avec un logiciel, je peux le réparer moi-même ! Je n’ai pas besoin d’attendre que quelqu’un m’entende et fasse attention à moi. Encore mieux, j’apprends à utiliser de nouveaux outils en faisant cela. Si je suis bloqué ou si je ne sais pas comment régler un problème, la communauté est là pour me donner un coup de main.

En travaillant avec le Conseil des Communautés Locales d’Ubuntu (Ubuntu Local Communities Council), j’ai rendu service à des communautés partout dans le monde et les ai rendues plus autonomes, dans leurs actions de promotion par exemple. Les différences culturelles sont l’une des choses les plus difficiles à gérer dans un projet. Contrairement à ce que pensent certaines personnes, gérer un projet ce n’est pas seulement superviser les choses, parfois nous avons dû mettre fin à des disputes entre participants ou entre équipes. J’ai alors été frappé par cette caractéristique importante de la participation à une communauté en ligne : nous sommes tous des personnes avec des points de vue différents, et notre compréhension des choses et des problèmes peut varier en fonction de notre culture. Cela n’est pas quelque chose qui doit nous effrayer, mais bien une chose que nous devons comprendre. Cela montre à quel point notre monde est grand, comment Internet et les communautés du Libre peuvent nous rapprocher et quelle diversité règne dans notre communauté.

Grâce à Internet, les communautés open source ont le pouvoir de vous mettre en contact avec d’autres personnes à travers le monde, parfois vous les rencontrerez même dans le monde réel. Il existe plusieurs communautés qui organisent des rencontres de développeurs et des conférences. Et, si vous êtes assez actif, vous serez invité à y participer. En ce qui me concerne, les personnes qui développaient les logiciels voulaient connaître mes contributions, j’ai alors pu voyager tout autour du monde afin de les rencontrer pour en discuter.

En rejoignant une communauté open source, vous ne contribuez pas seulement à un logiciel, vous rejoignez un réseau de personnes disséminées à travers le monde qui rendent ce logiciel réalisable. Vous devrez franchir différentes barrières, et tout particulièrement celle de la langue. Mais je peux vous dire que c’est une des plus valorisantes expériences que vous pourrez vivre. Vous deviendrez meilleur dans des domaines variés, acquerrez de nouvelles compétences, en découvrirez d’autres, et cerise sur le gâteau, vous travaillerez avec une formidable équipe de personnes provenant de tous les coins du monde, toutes unies vers un objectif commun. Une fois que vous aurez rejoint une communauté open source, vous comprendrez comment un groupe de personnes travaillant avec le même but peut faire tomber toutes les barrières, même celle de la distance.

Article proposé par framablog sous licence Creative Commons By-Sa

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