Dolby Digital (AC3) : le format audio du home cinéma
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Le Dolby Digital équipe encore la quasi-totalité des équipements home cinéma, des DVD aux box TV, plus de trente ans après son lancement par les laboratoires Dolby en 1987. Comprendre ce que recouvre ce nom, et ce qui le distingue de ses variantes EX et Headphone, aide à choisir un équipement compatible ou à décoder un logo affiché sur un boîtier.
Un codage numérique sur six canaux indépendants
Contrairement aux systèmes Dolby ProLogic qui dérivent artificiellement plusieurs canaux d'un signal stéréo, le Dolby Digital enregistre des pistes audio réellement indépendantes, ou « discrètes ». Pour les appareils grand public, ce flux repose sur un algorithme de compression nommé AC3 (Audio Coding 3), qui réduit le volume de données d'un facteur 10 à 12 tout en conservant un échantillonnage sur 16 bits à 48 kHz, pour un débit global d'environ 384 kbit/s. Cette proximité technique explique pourquoi on parle indifféremment de Dolby Digital ou de Dolby AC3 dans le commerce, même si les circuits professionnels utilisent en réalité un décodeur distinct, appelé SR-D.
Pour lire un support encodé en Dolby Digital, DVD vidéo ou DVD audio par exemple, l'appareil de lecture doit intégrer un décodeur AC3. Ces équipements portent en général le logo suivant :

Six canaux pour reconstituer un espace sonore
Le format restitue le son dans l'espace grâce à six canaux distincts, ce qui lui vaut son surnom courant de « 5.1 » :
- Une enceinte centrale, placée sur ou au-dessus de l'écran, dédiée aux dialogues.
- Deux enceintes avant, gauche et droite, qui renforcent le contexte sonore autour de la voix centrale.
- Deux enceintes arrière, pour les bruits d'ambiance et les effets qui viennent de derrière l'auditeur.
- Un caisson de basses, chargé des fréquences graves et des effets spéciaux comme les explosions.
La bande passante du format s'étend de 20 Hz à 20 kHz. Selon le contenu, l'encodage peut se limiter à une piste stéréo classique ou exploiter les six canaux en 5.1, terme aujourd'hui plus répandu dans le langage courant que « Dolby Digital » lui-même, par abus de langage.
Dolby Digital EX : un septième canal pour combler l'arrière
Le Dolby Digital EX ajoute un canal supplémentaire dérivé des deux voies arrière, ce qui porte la configuration à 6.1. L'objectif est de masquer l'effet de « trou » que certains auditeurs perçoivent juste derrière eux dans une configuration 5.1 classique. Les équipements compatibles affichent ce logo :

Une source encodée en Dolby Digital EX reste lisible sans problème sur un décodeur Dolby Digital 5.1 classique, qui ignore simplement le canal supplémentaire.
Dolby Headphone : le même espace sonore, au casque
Le Dolby Headphone vise un usage différent : restituer une sensation d'espace sonore avec un simple casque audio, sans avoir besoin d'enceintes ni de déranger l'entourage. Le procédé s'appuie sur des fonctions HRTF (Head Related Transfer Functions), qui simulent la façon dont un son se déforme en traversant la tête et les oreilles d'un auditeur, combinée aux caractéristiques acoustiques d'une pièce d'écoute reconstituée numériquement. Le résultat donne, au casque, une impression de profondeur qu'une simple piste stéréo ne reproduit pas.
Cartes son, chaînes home cinéma et consoles de jeux compatibles portent ce symbole :

Trente ans après son apparition, le Dolby Digital reste la référence de fait pour le son multicanal grand public, tandis que ses variantes EX et Headphone répondent chacune à un besoin plus spécifique : un canal arrière en plus pour l'une, une écoute au casque fidèle pour l'autre.
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