--- title: "ART : l’ancien régulateur des télécoms en France" url: https://www.dico-micro.com/art/ author: "Dico Micro" date_published: 2023-07-01T14:51:12+00:00 date_modified: 2026-09-26T16:32:35+00:00 categories: ["Actus high-tech"] image: https://www.dico-micro.com/wp-content/uploads/2026/09/art.jpg description: "L’ART a régulé les télécoms français de 1996 à 2005, pilotant l’ouverture à la concurrence et le dégroupage, avant de céder la place à l’ARCEP." site: "Dico Micro" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # ART : l’ancien régulateur des télécoms en France > L’ART a régulé les télécoms français de 1996 à 2005, pilotant l’ouverture à la concurrence et le dégroupage, avant de céder la place à l’ARCEP. L’ART, Autorité de Régulation des Télécommunications, a été le premier régulateur indépendant des télécoms en France. Créée en 1996, à un moment où le secteur venait tout juste de s’ouvrir à la concurrence, elle a existé jusqu’en 2005, date à laquelle ses missions ont été reprises par l’ARCEP. Comprendre le rôle qu’a joué l’ART aide à comprendre pourquoi le marché télécom français fonctionne aujourd’hui comme il fonctionne, avec plusieurs opérateurs concurrents plutôt qu’un monopole unique. ## Pourquoi un régulateur est né en 1996 Jusqu’au milieu des années 1990, les télécommunications en France relevaient d’un monopole d’État. L’ouverture du secteur à la concurrence, sous l’impulsion de directives européennes, a créé un besoin nouveau : quelqu’un devait s’assurer que l’opérateur historique ne profite pas de sa position dominante pour empêcher l’arrivée de nouveaux concurrents. C’est ce rôle d’arbitre neutre que l’ART a été créée pour occuper. **Un rôle d’arbitre, pas de fournisseur** L’ART ne vendait aucun service de téléphonie : sa mission consistait uniquement à fixer les règles permettant à plusieurs opérateurs de coexister sur le même réseau et à trancher leurs différends. ## Les grands chantiers de l’ART Pendant ses neuf années d’existence, l’ART a piloté des dossiers qui ont directement façonné l’accès à internet et au téléphone tels qu’on les connaît. Le plus marquant reste le dégroupage de la boucle locale : la possibilité, pour un opérateur concurrent, de louer la dernière portion de câble téléphonique reliant un abonné au central, plutôt que de devoir construire son propre réseau depuis zéro. Sans ce mécanisme, l’essor des offres ADSL à bas coût du début des années 2000 n’aurait tout simplement pas eu lieu au même rythme. L’ART a aussi encadré l’attribution des premières licences de téléphonie mobile et fixé les conditions d’interconnexion entre les réseaux des différents opérateurs, un sujet technique mais déterminant : sans règles claires sur l’interconnexion, un appel émis depuis le réseau d’un opérateur A n’aurait pas pu joindre facilement un abonné du réseau B. **Le dégroupage, un héritage encore visible** Le principe même du dégroupage, hérité directement des années ART, reste la base du fonctionnement de l’ADSL et d’une partie de la fibre optique aujourd’hui. ## 2005, la fin de l’ART et la naissance de l’ARCEP En 2005, l’ART a cédé la place à l’[ARCEP régulateur télécoms](https://www.dico-micro.com/arcep/), qui a repris l’ensemble de ses missions en y ajoutant la régulation du secteur postal. Ce n’était pas un simple changement d’appellation : le régulateur a alors dû composer avec un paysage où internet, téléphonie mobile et services postaux commençaient à converger, avec des acteurs présents sur plusieurs de ces marchés à la fois. ## Ce qui reste de l’ART aujourd’hui Les décisions et la jurisprudence produites par l’ART pendant ses neuf ans d’existence continuent d’influencer certains dossiers réglementaires actuels : quand un litige entre opérateurs porte sur l’interconnexion ou le dégroupage, les précédents posés à l’époque de l’ART servent encore parfois de référence. Le sigle a disparu des documents officiels, mais l’architecture réglementaire qu’il a mise en place a largement survécu à travers l’ARCEP. **Ne pas confondre ART et ARCOM** L’ART, régulateur des télécoms disparu en 2005, n’a aucun rapport avec l’ARCOM, l’autorité qui régule aujourd’hui l’audiovisuel et le numérique en France. La proximité des sigles crée régulièrement la confusion. Pour toute question d’actualité sur la régulation des télécoms en France, c’est vers l’[ARCEP](http://www.arcep.fr/) qu’il faut se tourner : elle assure aujourd’hui l’ensemble des missions autrefois portées par l’ART. ## Ce que l’expérience de l’ART a montré sur la régulation Neuf ans, c’est finalement assez court pour bâtir un cadre de régulation complet à partir de rien. L’ART a dû arbitrer entre deux logiques difficiles à concilier : ouvrir rapidement le marché à la concurrence pour faire baisser les prix, sans pour autant fragiliser l’opérateur historique au point de compromettre l’entretien du réseau dont tout le monde continuait à dépendre. Cet équilibre, jamais parfaitement atteint, a nourri la plupart des débats de l’époque autour du régulateur. L’un des enseignements les plus durables de cette période concerne la méthode plutôt que le résultat : un régulateur indépendant, doté d’un pouvoir de sanction réel et d’une expertise technique propre, s’est révélé plus efficace pour faire respecter des règles complexes qu’un simple ministère chargé de superviser le secteur en plus d’autres dossiers. Ce modèle d’autorité administrative indépendante, expérimenté par l’ART, a ensuite servi de référence pour d’autres régulateurs sectoriels créés en France dans les années suivantes. --- ## À propos de l'auteur **Dico Micro** — La rédaction de Dico Micro : matériel, logiciels et culture geek, expliqués sans jargon.